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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 04:15

mastectomieJ'ai reçu mon traitement d'Arédia  encore une fois aujourd'hui, une raison de plus pour être fatiguée.  J'en ai parlé de ma fatigue à l'infirmière au CLSC lorsque je m'y suis rendue pour débrancher mon biberon du POC.  Elle dit qu'étant donné que tous mes tests (analyses sanguines, CEA, CA 15-3 sont tous normaux) que ce sont mes patchs de Fentanyl qui me causent autant de somnolence et de léthargie.  Ma soeur m'a également téléphoné ce soir et comme elle est infirmière depuis de nombreuses années, elle m'a répondue la même chose, les patchs causent beaucoup de somnolence.  Et peut-être que pour moi les effets secondaires de somnolence sont plus prononcés que chez  d'autres personnes.

 

Je discutais avec l'infirmière au CLSC de ma décision de faire réduire mon sein gauche et que je voyais un plasticien en janvier.  Je lui disais que cette chirurgie me donne le goût de me faire reconstruire un sein, surtout que celui qu'il me reste sera tout joli en plus petit et le désir de revoir un sein de l'autre côté me turlupine.  C'est peut-être passager cette idée, mais elle est présente. Par contre, mon thorax est si douloureux du côté opéré, que c'est cela qui m'empêche d'être si positive à envisager une reconstruction parce que je sais que ce serait très douloureux.  Cette douleur au bras et à mon thorax est permanente 24 heures sur 24 heures et je vis avec cette douleur depuis le 27 février 2009, à ma deuxième chirurgie

 

Nous avons également discuté des premiers temps où je me rendais au CLSC tous les jours pendant 3 mois pour faire mes pansements à ma cicatrice qui avait ouverte. Et maintenant elle pouvait en parler ouvertement que ma plaie n'était pas jolie jolie, parce que c'est du passé. 

 

À ce moment, elle ne me disait pas que c'était laid et écoeurant, elle me disait  que  ça guérissait bien et de ne pas m'en faire, elle a été très professionnelle et très gentille envers moi pendant tout ce temps et elle l'est toujours.  Elle m'a demandée comment était ma cicatrice et sans  que je lui dise ou que je lui montre elle a dit:   Elle ne doit pas être très étroite et jolie et je  lui ai confirmé qu'effectivement ce n'est pas joli du tout.  Elle confirmait que j'ai passé de sales moments pendant ces 3 mois en plus de subir le cancer et qu'on ne savait pas encore à ce moment  que mon calvaire n'était pas terminé parce que les métastases ont été trouvées 2 mois après le début de mes visites au CLSC pour mes pansements journaliers. Elle m'a trouvée très  courageuse de passer au travers tout  ça en sachant très bien qu'en plus d'être mutilée, j'étais vilainement charcutée.

 

Ces mots ont été ceux-ci:   Je n'ai jamais vu une plaie si mal en point dans toute ma carrière et  j'en ai vu des plaies.  La tienne était une vraie boucherie.  J'ai ajouté que je regrettais de ne pas avoir pris de photos, et je vous explique pourquoi.

 

Si j'avais pris des photos, j'aurais pu les publier afin de pouvoir dédramatiser ce qui m'arrivait en voulant en aider d'autres qui vivaient un problème semblable.  Que je pouvais les aider à garder espoir, que cette plaie guérirait parce que la mienne a guérie et que ce ne sont pas toutes les femmes qui subissent une telle  boucherie.  Il arrive que des plaies ouvrent et s'infectent mais il y a toujours une solution et la plaie se ferme.  Il arrive juste que la guérison est différente pour chacune, parce que personne ne cicatrise de la même façon et à la même vitesse. 

 

Je n'ai plus mon sein, et même si j'accepte bien ma mutilation, il aurait été préférable que ma cicatrice soit plus belle.  La peau de mon thorax est si dure, ça ressemble à du roc lorsque je touche.  Et si je m'accepte ainsi, essayer si vous le pouvez et que vous ne  désirez pas la reconstruction d'apprendre à aimer votre nouveau corps.  Ce n'est pas facile de se voir ainsi, mais c'est une question d'habitude.  Je ne ressens aucun dédain à me regarder.

 

Avoir su dès la première chirurgie le 2 février 2009, chirurgie qui a fait que j'avais conservé mon sein, et que 3 semaines plus tard,  soit le 27 février 2009, il était préférable de l'enlever parce que  les résultats de pathologie était très mauvais, j'ai  opté pour ce que je  pensais le mieux pour moi.  Mais lorsque 3 mois plus tard, j'apprenais que j'avais des métastases aux os, je n'aurais pas fait enlever mon sein et j'aurais débuté la chimiothérapie ou n'importe quel autre traitement pouvant me sauver la vie à ce moment. Sûrement qu'avec Arimidex qui fonctionne si bien, j'aurais peut-être pu éviter de me faire charcuter.  Mais je ne peux revenir en arrière et je dois me dire que ce qui a été fait était pour le mieux. 

 

Si j'avais une cicatrice identique à celle de l'image dans l'article, vous ne pouvez pas savoir à quel point je serais heureuse.  Il faudra qu'un jour je photographie ma cicatrice pour vous la montrer.

 

 


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commentaires

Biquette 23/11/2011 11:08


Chère France,


Après la chimio, j'ai subi l'ablation de mon sein gauche, puis 25 séances de radio-thérapie. La peau était alors cartonnée, dure, la cicatrice était mal fichue, biscornue,ça me tirait, j'avais
mal lorsque je faisais certains mouvements...


Il n'y avait pas assez de peau de bonne qualité pour une reconstruction avec prothèse seule, c'est pourquoi le chirurgien a utilisé la méthode "du grand dorsal". Avec la peau et la muscle du dos
mes mouvements sont plus faciles, moins douloureux. Certes j'ai des cicatrices mais elles ne sont pas trop vilaines (enfin cela reste des cicatrices, j'aurais préféré bien sûr rester entière et
en bonne santé!). J'ai une meilleure mobilité du bras, je peux nager ce qui est la preuve de la réussite de l'opération pour moi!


Garde espoir, la chirurgie peut t'aider si tu en a vraiment envie, mais je comprends aussi que tu n'aies pas envie de repasser entre les mains de chirurgiens. Je crois que l'on se voit bien pire
qu'on ne l'est en réalité...C'est une telle démolition physique et morale de subir tout ça...


je pense bien à toi, je t'embrasse, Biquette

bfrance 23/11/2011 17:08



Allô Biquette,


Je n'ai pas fait de chimio et ni de radio et j'ai le même problème que tu as eu. Mon thorax est toujours douloureux et parfois je ressens des élancementts comme si on me brûlait au niveau
de la cicatrice.  Je n'aurais pas assez de peau non plus pour une prothèse. Le grand dorsal ne m'intéresse pas et je ne crois pas que je pourrais la subir avec mes métastases à cet
endroit.  Tant mieux si tu peux  continuer à faire tes activités et la natation est la meilleue pour ton bras.  Il est certain que  passer à nouveau sous le bistouri n'est pas
tentant mais si je peux avoir un sein plus petit et avoir moins de douleur avec une prothèse plus petite, ça sera un gros +.   Passe une belle journée, je pense à toi aussi et j'espère
que tu vas bien.  Gros bisous.



carlyne 23/11/2011 09:52


Bonjour France


J'espère que tu vas bien.


Ma cicatrice est très large car le chirurgien à du couper beaucoup de peau. Et la radiothérapie n'a pas aidé non plus. J'espère qu'il pourra faire quelque chose de bien lors de la reconstruction.


Personnellement, je me dis qu'il ne faut pas avoir de regret, pour l'ablation du sein. Je sais c'est dur, très dur. mais je pense que s'il n'avait pas été enlever, cela aurai évoluer plus vite
encore. 


Mais chaque cas est particuliers, et je te souhaite bon courage.


A bientôt

bfrance 23/11/2011 17:14



Mon cas ressemble au tien pour la cicatrice, je n'ai pratiquement plus de peau sur le thorax et ce qui reste est dur et intouchable parce que douloureux. Non je sais  qu'il était
préférable de l'enlever pour me sauver la vie. Mais j'aurais aimé dans cette épreuve avoir une cicatrice décente qui aurait guérie normalement sans tous les problèmes que j'ai connus.  Oui
chaque cas est particulier tu as bien raison.  Bon courage à toi aussi.



Profil

  • bfrance
  • Je suis une femme de 60 ans, née au Québec le 7 décembre 1956. Je suis mariée et mère d'une fille de 37 ans. 

Mon cancer a été diagnostiqué en janvier 2009. Je continue d'aimer la vie, je la vois différemment maintenant mais je suis positive et je trouve toujours la vie belle.
  • Je suis une femme de 60 ans, née au Québec le 7 décembre 1956. Je suis mariée et mère d'une fille de 37 ans. Mon cancer a été diagnostiqué en janvier 2009. Je continue d'aimer la vie, je la vois différemment maintenant mais je suis positive et je trouve toujours la vie belle.

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