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Améliorer le dépistage du cancer du sein pour éviter les erreurs de diagnostic, auto-examen des seins, traitements, recherche sur les types de cancer du sein, examens, rendez-vous avec l'oncologue, médecins de famille et divers spécialistes, retour au travail après le cancer, alimentation, sexualité et cancer du sein, prothèses externes, partielles, reconstruction...

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Réagir au diagnostic


F0005816-1-.jpgÀ l'annonce de mon cancer, ma fille a pleuré tout comme mon mari. J'ai été affligée mais j'ai remonté assez rapidement la pente. L'anxiété a fait place à l'espoir. Je ne me sens tellement pas malade que j'ai de la difficulté à croire que j'ai un cancer.

La première réaction:

 

 

 

 

Lorsque le médecin m’a appris mon cancer, je lui ai répondu : ‘’je m’y attendais’’. Bien que j’aie passé mes mammographies régulièrement, et que toutes les mammographies étaient normales, ce n’était qu’un test de routine mais je ne sais pourquoi j’ai dit au médecin que je m’y attendais. Le résultat a mis du temps avant de m’être communiqué, c’était la période du Temps des Fêtes. Je n’ai absolument pas réagit comme dans la publicité à la télé où la personne apprend son cancer et qu’elle se renverse sur sa chaise et tombe sur le dos. NON, j’étais calme et sereine. Peut-être étais-ce que je n’y croyais pas, le choc du moment. Aucune idée. Ensuite la visite à la chirurgienne, et les examens. Il est certain que dans cette période nous vivons différemment, car nous sommes confrontés et totalement soumis au système de santé. Nous abdiquons et nous nous résignons à passer toute cette série d’examen.  Nous sommes à leur merci et angoissés.

 

Je ne me sentais pas seule, malgré que mon mari au tout début pleurait plus que moi. C’est moi qui le consolait et qui lui disait:  On va faire face et on va gagner la bataille. Au tout début j’avais besoin d’en parler et la seule personne présente près de moi  était mon mari. Mais je sentais que ça le perturbait de m’écouter. Ma fille tant qu’à elle, la nouvelle l’a fait pleurer, et ensuite j’ai ressenti un délaissement. Elle a été affectée mais elle ne s’informait pas plus de moi qu’avant l’annonce de mon cancer. Avait-elle choisie de s’éloigner pour ne pas avoir mal. Je m’explique mal sa réaction, malgré que je la comprenne. Mais c’est tout de même difficile de constater que ta fille ne s’informe pas plus souvent de sa mère. Ça me peine beaucoup.

 

 

Pourquoi ce cancer m’arrive t’il à moi?

 

 

Le questionnement pourquoi ça nous arrive? Je me disais : ‘’qu’aie-je fais pour que ça m’arrive’’? J’avais adopté une nouvelle façon de m’alimenter santé, je faisais mes examens (bilan de santé) annuellement, je passais mes mammographies régulièrement, alors pourquoi, pourquoi? Le questionnement me hantait et je me posais des questions. Au tout début, le médecin me disait rien ne sert de s’affoler, le cancer du sein se traite très bien et l’espoir est grandissant dans les traitements.

 

La chirurgie est arrivée, j’étais triste mais sereine. Mon hospitalisation s’est bien déroulée, je me sentais bien et pas souffrante. On a procédé à l’ablation de la tumeur et des ganglions. Retour à la maison après 24h, une courte hospitalisaion. La chirurgienne a fait parvenir les prélèvements en pathologie. Je ne suis pas  inquiète car je suis certaine que le cancer est enrayé et que je débuterai les traitements quelques semaines plus tard.

 

Trois semaines plus tard, un nouvel appel de la chirurgienne qui m’apprend : ‘’les résultats ne sont pas réjouissants et on enlève le sein demain matin’’. On n’a même pas le temps de réagir, tout se bouscule et on abdique encore une fois et on subit ce qui est le mieux pour nous. Je sais que nous avons le choix et que nous pouvons décider de ne pas procéder et de ne rien faire, mais lorsque votre instinct de survie est plus fort que tout, on ne se questionne même pas car il le faut, et cette force de vivre est plus forte que tout. Tout s’est bien déroulé à la deuxième chirurgie, mon moral était très bien, je savais que je faisais ce qui était le mieux pour moi.

 

Malgré les 2 chirurgies, les CEA 15-3 étaient élevées dans mon sang et cela indiquait qu’il y avait encore présence de cancer malgré que la chirurgie ait tout enrayée.

 

J’ai donc passé tous les examens prescrits. C’est l’instinct de survie. Je voulais vivre. Malgré l’angoisse de l’attente des résultats, je voulais tout faire pour être bien soignée. Après 5 longs mois à être investiguée, le diagnostic de métastases osseuses est tombé. Je n’ai pas pleuré dans le bureau de l’oncologue, et je lui ai demandé : Quel est mon pronostic? Il n’a pas pu me répondre. Je lui ai dit : je vais mourir dans la souffrance?  Il m’a répondu que non. Étais-ce pour m’encourager? Je sais très bien que le cancer des os est très souffrant.

 

Mon mari était présent et il pleurait. Il me tenait la main, sans plus car il était impuissant à ce que nous venions d’apprendre, tout comme moi. Je me demande encore ou aie-je pris la force d’être si sereine, si forte à cette annonce.

 

Je me rends compte que 7 mois plus tard, je suis très bien mentalement et moralement. Je trouve la vie belle malgré tout ce qui m’arrive et cette force de vivre m’habite et me rend confiante.

 

Les pensées de la mort nous habitent :

 

 

Je me suis rendue compte de beaucoup de choses. Que mon mari ne savait pas tout au sujet de la maison, où étaient classé les papiers, les factures. Il aime les repas que je prépare, mes gâteaux, mais il ne sait pas les faire.

 

Je lui dis tout bonnement, il faudra que tu apprennes à les faire car je ne serai plus là. Je lui ai appris à faire son gâteau préféré, je lui ai dit où se trouvais les papiers importants, je lui ai décrit que je ne voulais pas de service funèbre à l’église, que je ne désirais pas d’exposition, que je ne veux pas mourir à l’hôpital, et lui il me disait : ‘’Tais-toi, ne parle pas ainsi’’. Je le préparais à ce qui nous attend dans un futur plus ou moins rapproché. C’est tout de même la réalité.

 

Moi qui avait si peur de la mort, je me vois à l’envisager sereinement. Tout change dans ma tête, je suis confrontée à tout ça et je n’ai pas le choix d’y penser, je me dois d’y penser car c’est la réalité. Je me dois de préparer les miens à cette éventualité.

 

 

L’espoir :

 

 

Une fois le choc passé, je me suis sentie remplie pleine d’espoir. J’ai même dit à mon mari hier : ‘’Je me sens si bien, je suis certaine que je n’ai pas le cancer’’. Les choses les plus banales de la vie comme admirer mes fleurs, les oiseaux qui viennent se nourrir dans mes mangeoires, regarder un bon film.  J’apprécie tout plus qu’auparavant.  La simplicité de la vie me rend heureuse.  Juste de me lever le matin et de me dire : ‘’je suis en vie, je me sens bien’’ est suffisant pour me faire persévérer. Moi qui rêvait de voyager, de me payer des choses pour me faire plaisir, je me rends compte que les choses si simples de la vie m’émerveille et que rien est plus important que de se lever le matin et de pouvoir dire :  ‘’merci je suis en vie’’.

 

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