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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 08:09

Trois ans et 5 mois déjà que je me bats contre mon cancer du sein métastasé aux os (janvier 2009).   Que l'attente a été longue avant d'apprendre que j'avais le cancer, 37 jours, un cauchemar d'attendre si longtemps.

 

Il s'en est passé des choses depuis tout ce temps.  Au tout début lorsqu'on m'a annoncée la maladie toute ma vie a changé en une fraction de seconde.  On m'a tout de suite  dirigée en chirurgie afin de rencontrer la chirurgienne qui pratiquera l'intervention, qui m'a informée que je pouvais subir seulement la segmentectomie ou la mastectomie.  Elle m'a prescrit une batterie d'examen qui ce sont enchaînés les uns après les autres et ce sans même lever le petit doigt et sans rien demander, tout se fait selon le protocole d'une maladie grave. 

 

Suite à tout cela, la rencontre avec l'anesthésiste qui rencontre tous les patients qui doivent subir une chirurgie, qui s'informe à savoir si on a dans le passé déjà eu une anesthésie générale, quels ont été mes réactions au réveil (nausées, difficulté à uriner, etc...).

 

Ensuite la rencontre avec la travailleuse sociale qui nous rencontre afin de savoir comment on vit cette annonce, on pleure, on parle et on se sent tout de même bien encadrée, comprise et soutenue.  J'ai apprécié cette rencontre qui s'est faite en présence de mon conjoint.  Après tout on vit ce drame à deux et le conjoint a besoin d'être soutenu autant que la personne malade.

 

Après avoir subit les examens, il faut vivre l'angoisse de l'attente des résultats, et c'est infernal à vivre et il en sera ainsi jusqu'à la fin de mes jours car les examens sont réguliers.

 

Vient le jour de la chirurgie, le 2 février 2009,  j'avais peur oui car je n'ai jamais aimé être anesthésiée.  Je n'avais pas peur et j'avais hâte qu'on me retire tout ce  qui était cancéreux.  Au réveil tout a bien été, même très bien.  Je me suis réveillée rapidement et j'ai passé le reste de la journée très éveillée, j'ai pu dîner et souper et ce sans avoir de nausées.  Je me sentais bien et rassurée de ne plus avoir ce poison qui était dans mon sein.

 

Le retour à la maison se fait le lendemain de la chirurgie et tout va bien, je quitte l'hôpital avec le drain que je garde 10 jours et que mon mari vide lorsque c'est nécessaire.  Mon conjoint a été merveilleux et il s'est occupé de moi sans arrêt, il était au petit soin.

 

Tout allait trop bien, la cicatrisation se faisait bien, j'avais gardé mon sein et subit la segmentectomie.  Trois semaines après la chirurgie, la chirurgienne me contacte pour me dire que les nouvelles sont mauvaises, que le cancer est plus répandu qu'elle le croyait suite au résultat de la pathologie de la tumeur et qu'elle m'attend le lendemain matin afin de procéder à la mastectomie.  Je n'ai pas eu le temps de réaliser ce qui m'arrivait, tout se passait trop vite.  Je la suppliais de m'en dire plus, qu'il s'agissait de mon corps et que j'étais en droit de savoir.  Elle m'a dit que le cancer était répandu dans tout mon sein et qu'elle n'avait pas le choix de procéder à la mastectomie.  Nous avons pleuré mon mari et moi et nous avons retroussé nos manches, cesser les pleurs et j'ai fait ma valise pour quitter le soir même afin de dormir chez ma mère qui demeure tout près de l'hôpital.

 

Je rentre à l'hôpital à 7h le lendemain matin le 27 février  2009 et on m'opère en avant-midi.  Je suis calme et j'attends qu'on m'amène au bloc.  Le réveil est plus difficile cette fois-ci, on m'a donné davantage de calmants car à la première chirurgie il trouvait que je ne m'étais pas reposée suite à mon retour dans ma chambre.  Je me suis donc réveillée quelque peu en fin de journée et j'ai réagit bizarrement à l'anesthésie cette fois-ci.  J'étais agressive et j'engueulais tout le monde.  Le lendemain matin je ne me souvenais de rien, c'est mon mari qui m'a raconté que lorsqu'il est venu me voir en compagnie de ma mère et de ma soeur je n'avais pas été très polie, que j'étais impatiente, etc.  Ils ne sont pas restés et ils m'ont laissée dormir, j'en avais grandement besoin.

 

Le retour à la maison se fait le surlendemain de la chirurgie et j'ai dû demander une nuit supplémentaire à l'hôpital, si non je serais sortie le lendemain.  C'est vraiment rapide.  Le drain est présent encore une fois, je trouve plus difficile le retour que la fois précédente, mon bras me fait très mal.  Mais je surmonte tout de même bien encore une fois cette chirurgie.  Une semaine après mon retour à la maison, je me rends compte que  le sang coule sur mon abdomen, ça traverse le pansement et je m'aperçois que ma cicatrice ouvre.  Je me rends à l'urgence et cela deviendra une cicatrice ouverte sur 15 cm de largeur par 8 cm de profondeur.  Je dois me rendre tous les jours du dimanche au samedi au CLSC pour changer les mèches et les pansements et ce pendant 3 mois.

 

L'oncologue m'a vue une première fois en mars car je devais débuter la chimiothérapie, mais comme ma plaie est ouverte on ne peut débuter les traitements tant et aussi longtemps que la plaie ne sera pas complètement fermée.  Ma plaie s'est fermée complètement en mai  2009 et comme si ce n'était pas suffisant, l'oncologue suite à mes analyses (marqueurs tumoraux) se rend compte qu'ils sont très élevés et ce même si tout le cancer a été retiré.

 

Une autre batterie d'examens à faire (colonoscopie, scanner, échographie de l'abdomen, du foie, scintigraphie osseuse et j'en passe).  Les examens sont tous négatifs et mon oncologue trouve anormal et il cherche  pourquoi mes marqueurs sont si élevés.  Il me fait passer la résonnance magnétique et le verdict tombe:   Métastases osseuses.   Un autre choc à encaisser, mon mari le prend très mal et moi je demeure assise dans le bureau sans larmes.  Mon mari pleure trop et je lui dis de quitter en compagnie de l'infirmière qui l'amène hors du  bureau pour me laisser seule avec l'oncologue.  Je lui demande combien de temps il me reste à vivre et il me répond qu'il ne peut me le dire car il ne le sait pas.  Je lui demande si je guérirai et il est très franc et me répond que non.  Mon cancer est de stade IV et il est incurable car aucun traitement n'existe pour les métastases osseuses.

 

Ne me demandez pas comment j'ai fait pour continuer à vivre par la suite en sachant que ce cancer me tuerait.  Mais j'y suis arrivée et voilà 3 ans et 5 mois que je me bats.

 

Suite à cela, les nouvelles ont été bonnes, mes examens ont toujours été bons et mes marqueurs tumoraux ont commencé à baisser dès que j'ai débuté l'Arimidex.  J'ai eu la chance dans mon malheur de ne pas avoir à faire de chimiothérapie jusqu'à présent.  Seul Arimidex a fait ce beau travail et continue de le faire et j'espère qu'il continuera encore longtemps.  Mes CA 15-3 sont maintenant à 23 et sont dans la normale et toutes mes autres analyses de la série onco sont bonnes.  Vraiment j'ai de la chance.

 

Je suis sous traitement d'Arédia une fois par mois depuis mai 2009, ce traitement est prescrit afin d'aider mes os à ne pas se fracturer et à les conserver intact le plus possible et le plus longtemps possible.   J'ai gardé mon Porth-O-Cath depuis ma mastectomie même si je n'ai pas fait de chimiothérapie afin de recevoir mon Arédia car mes veines ne sont pas très bonnes et ce serait trop compliqué de m'administrer mon traitement.  Le Porth-O-Cath même si j'aimerais le faire  retirer si un jour je ne reçois plus d'Arédia, le personnel de l'oncologie ainsi que mon oncologue, me suggère de ne pas le faire enlever.  Il est possible que plus tard je doive faire de la chimiothérapie et de cette façon je n'aurai pas à le faire installer à nouveau.

 

Voilà mon  parcours du début jusqu'à l'annonce de mes métastases osseuses.

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

nallie 27/06/2012 17:43


chère france bonjour


la chimio est vraiment un traitement lourd est difficile il faut avoir un but pour y survivre car a chaque injection on est encore plus fatiguée mais une fatigue comme si on allait perdre la
vie


ma première injection a été terrible, jaimais je n'aurai pensée souffrir autant


ils ont tapé fort a Curie pour éliminer les méta et ils ont eu raison et je les rremercierais jamais assez car ils m'ont fait un cadeau merveilleux


"je peux voir grandir mes enfants"


 


continus ton combat


bisousnallie

bfrance 27/06/2012 18:41



Coucou Nallie, quel plaisir de te retrouver.  Je ne peux commenter sur la chimio car je n'ai reçu aucun traitement, mais je sais que les femmes trouvent difficiles ces
traitements.  Ma soeur ne semble pas avoir eu tous les malaises que tu as eu par contre, cela dépend bien sûr de la sorte de chimio, chaque cas est individuel.  Tes métas n'étaient pas
au même endroit que les miennes, toi c'était la moelle si  je me souviens bien.  Mon cancer est de stade IV avec métas sur les os et il ne se guérit pas, toi tu as de la chance que tes
métas soient disparues, ce n'est pas le cas pour moi.



margareth 23/06/2012 19:58


La seule chose qu'on m'ait dite est que tous les ganglions étaient atteints. Sur les forums je lis que l'hospitalisation est de quatre à six jours.

bfrance 24/06/2012 06:23



ET c'est pour cette raison qu'on t'as gardée hospitalisée tout ce temps?  Ici que ce soit une mastectomie, une diminution mammaire, une reconstruction, on nous fait quitter l'hôpital
la journée même.  Par exemple pour un accouchement, la maman demeure à l'hôpital une à deux nuits maximum.  C'est vraiment très court.



margareth 22/06/2012 12:57


Cela fait beaucoup de périodes de stress successives. On m'a tout de suite enlevé le sein (mais je souffrais tellement que je ne souhaitais plus que cela) ce qui m'a évité cette étape
supplémentaire de déception et d'angoisse lorqu'il faut réopérer. En revanche je suis restée huit jours à l'hôpital, dont trois complètement alitée avec interdiction de me lever. Je ne sais pas
pourquoi...

bfrance 22/06/2012 17:44



La chirurgienne m'avait proposée la mastectomie totale au départ  mais comme elle me disait que si je voulais garder mon sein c'était possible et sûr.  Mais j'ai été
malchanceuse.  Ici on nous ne garde pas longtemps à l'hôpital, c'est insécurisant je trouve et je me sentais bien à l'hôpital et en sécurité, j'y aurais passé quelques jours
supplémentaires.  Ils ne t'ont pas dit pourquoi il t'avait gardée 8 jours?  En général quel est le nombre de jour hospitalisé pour une telle chirurgie?



Profil

  • bfrance
  • Je suis une femme de 60 ans, née au Québec le 7 décembre 1956. Je suis mariée et mère d'une fille de 37 ans. 

Mon cancer a été diagnostiqué en janvier 2009. Je continue d'aimer la vie, je la vois différemment maintenant mais je suis positive et je trouve toujours la vie belle.
  • Je suis une femme de 60 ans, née au Québec le 7 décembre 1956. Je suis mariée et mère d'une fille de 37 ans. Mon cancer a été diagnostiqué en janvier 2009. Je continue d'aimer la vie, je la vois différemment maintenant mais je suis positive et je trouve toujours la vie belle.

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